Après avoir déclenché une crise sans précédent en 2008, pourquoi les banques continuent-elles à spéculer plus que jamais ? Pourquoi ne leur impose-t-on aucune contrainte alors que cette spéculation contribue à l’explosion des inégalités et à la formation de bulles à venir ? La finance mondiale est-elle intouchable ?
Pour répondre à cette question, les explications circonstancielles sur la crise ne suffisent pas. Pour nous faire une idée plus juste, il nous faut relier cette crise au mouvement global de transformation que subit l’économie mondiale. Les économies occidentales sont en pleine mutation : de l’économie industrielle, nous passons à une économie dématérialisée du service, de l’information et du savoir.
La finance mondiale est à la pointe de cette transformation : quasi déconnectée de l’économie réelle, elle est entrée dans un monde virtuel où sa primauté lui permet d’imposer un rythme insensé à tous les autres secteurs de l’économie mondiale, ce qui aggrave la crise et prélude à l’apparition de prochaines bulles. Jusqu’à quand ?
Géopolitique d’une crise multipolaire et multiculturelle
11 octobre 2009, par Bernard NadoulekPour les lecteurs qui suivent mes chroniques de la mondialisation sur ce site, cet article de synthèse présente une remise en ordre de l’ensemble des thèmes et des idées que j’ai développés depuis 3 ans. C’est aussi un résumé de ma conférence en cours sur l’état du monde, ainsi que de mon prochain ouvrage. L’idée principale est que nous sommes pris en tenaille dans une alternative difficile.
Soit la crise financière n’est pas finie et nous allons continuer, de bulle en bulle, vers une crise systémique.
Soit la crise systémique est provisoirement écartée, mais le redémarrage de la croissance mondiale nous ramène vers l’hypothèse de la guerre économique pour le contrôle des ressources naturelles, en aggravant la crise écologique.
Sans compter les risques géopolitiques croissants et le manque d’une gouvernance internationale capable de traiter les problèmes à une échelle mondiale significative. Entre la crise financière, la récession économique, le chômage, les perspectives de guerre économique pour les matières première et l’énergie qui s’accentueront avec le retour de la croissance, la crise écologique, les risques géopolitiques et la persistance du terrorisme, le monde est entré dans un goulot d’étranglement.
Il semble qu’il nous faille encore plusieurs étapes de crise avant que des solutions significatives soient mises en place. Il va nous falloir beaucoup d’intelligence collective et d’adrénaline pour résoudre cette crise et les suivantes.
Après nos deux précédentes interprétations de la crise financière - européenne et biblique, américaine et protestante – cette troisième interprétation est chinoise et confucéenne. Que nous montre-t-elle ? D’abord, que selon ses critères culturels, la Chine condamne moralement la cupidité de l’Occident. Ensuite, que forte de ses réserves financières, la Chine s’installe dans un rôle incontournable d’arbitre de l’après crise et, notamment, de la guerre économique pour le contrôle des matières premières et de l’énergie. Enfin, et c’est peut-être le plus étonnant pour nous Occidentaux, le dirigisme asiatique apparaît comme un modèle alternatif crédible de gouvernement pour les pays en voie de développement. C’est pourquoi, dans un prochain article, il nous faudra remettre en cause le mythe autoproclamé de l’universalité de la démocratie libérale et des droits de l’homme. Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis chez les adeptes du politiquement correct !
Cet article a été repris par la revue de stratégie AGIR, n° 38, mai 1009.
Comment ne pas être une victime potentielle dans le bestiaire contemporain où se déchaînent les plus bas instincts du monde animal ?
Que faire si votre chef vénéré, Grand Crocodile Retors, un fieffé mangeur d’hommes, tente de vous faire endosser une erreur qu’il a commise et de vous transformer en sac à main pour dame ? Vous avez involontairement commis une faute professionnelle grave et Babouin Rageur vous menace de licenciement sans indemnités : comment survivre à l’étreinte fétide du primate ? Bélier Bonasse vous implique accidentellement dans la perte d’un dossier confidentiel : comment jongler avec la patate chaude sans vous faire encorner ? Si Bélier Bonasse s’avère être une Hyène Putride, comment lui rendre la monnaie de sa pièce ? Comment réagir dans les situations où, en quelques secondes, selon ce que vous allez dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire, vous rejoindrez la Horde de Pelés promis à la géhenne, ou l’Aristocratie des Élus au Royaume des Cieux ?
L’école des Hautes Études des Crapauds a fait appel à moi, la Chouette professorale, pour mettre au point un cours personnel de survie pour la jungle civilisée du XXIe siècle. Je vous enseignerai comment concevoir un plan d’action, éviter les erreurs courantes et tourner à votre avantage les situations difficiles. Toutes les règles fondamentales de la stratégie et des arts martiaux vous seront expliquées, et notamment la première d’entre elles, penser à l’envers. Enfin, une vieille poule déplumée vous dévoilera l’ultime secret de l’invincibilité absolue.
« Un livre utile, intelligent et drôle. » Serge Eyrolles
Le choc des civilisations n’aura pas lieu, mais la guerre des ressources a commencé... Eyrolles - Mai 2005
3 mai 2005, par Bernard Nadoulek
Sept civilisations - africaine, anglo-saxonne, asiatique, indienne, latine, musulmane, slave - totalisent ensemble plus de 90 % de la population mondiale et sont aujourd’hui des pôles de référence dans la mondialisation.
Dans ce livre unique par son ampleur, Bernard Nadoulek nous fait revivre l’épopée des civilisations qui commence il y a 2,5 millions d’années avec les premiers outils du paléolithique et qui va se poursuivre avec la conquête de l’espace.
Sa comparaison des grandes civilisations contemporaines nous éclaire sur leurs spécificités et sur leurs contributions au processus de mondialisation. Les civilisations sont autant d’univers culturels, éloignés les uns des autres, où des valeurs initialement religieuses déterminent nos conceptions de la société, de la guerre, de l’économie, du politique. Le choc des civilisations est un thème d’actualité mais, dans un contexte international multiculturel c’est pour communiquer, pour coopérer, pour négocier que la prise en compte des civilisations est essentielle.
Bernard Nadoulek montre que le retour en puissance des civilisations ne constitue pas une régression vers le passé, mais la voie d’accès la plus sûre à des formes d’économie de marché et de démocratie adaptées aux valeurs des différentes aires culturelles.
Ce grand voyage à travers le temps et l’espace permet de prendre la mesure de ce que sont les civilisations : l’héritage du génie humain.
Sept civilisations contemporaines sont parvenues à une taille mondiale : les civilisations anglo-saxonne, asiatique, latine, musulmane, slave, indienne, africaine. Ensemble, elles totalisent 9/10e de la population mondiale, elles occupent 9/10e de l’espace disponible et elles produisent 9/10e de la richesse mondiale. En synthétisant les caractéristiques de ces sept civilisations, il s’agit de se forger une vision globale et géopolitique de la mondialisation des cultures.
ASIATIQUES : 1720 M, taoïsme, confucianisme, bouddhisme.
MUSULMANS : 1130 M, Islam, Coran, Chariat.
INDIENS : 1100 M, Vedas, hindouisme, système des castes.
LATINS : 660 M, catholicisme, justice sociale, états régaliens.
AFRICAINS : 640 M, animisme, magie, tribalisme
ANGLO-SAXONS : 540 M, libertés civiles, protestantisme, libéralisme.
SLAVES : 340 M, orthodoxie, collectivisme, autocratie.