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Interprétation multiculturelle de la crise financière : américaine, chinoise, européenne.

Conférence pour les entreprises, les instituts de formation et les grandes écoles.

jeudi 10 novembre 2011, par Bernard Nadoulek

La crise financière mondiale fait l’objet d’une interprétation différente dans chaque civilisation. L’Amérique protestante, la Chine confucéenne, l’Europe chrétienne, n’attribuent pas les mêmes finalités à l’économie. Qu’il s’agisse d’assurer la richesse individuelle, la pérennité d’une société ou la justice sociale entre ses membres, des valeurs différentes impactent le développement économique. Or, ces différences culturelles ne sont jamais évoquées dans les négociations internationales et sont des obstacles au règlement de la crise mondiale. Les différences culturelles impactent également la communication, la négociation et le management. Il est important d’en être conscient pour que ces différences culturelles ne soient pas des obstacles.


Aux Etats-Unis, comment expliquer qu’aucune mesure de régulation n’ait été prise à l’encontre du système financier après les catastrophes qu’il a provoquées ? Une des explications réside dans la sécularisation de l’éthique protestante (Max Weber) et la thèse de la prédestination qui font de la réussite financière un équivalent de la grâce spirituelle. Ainsi, les Elus, les winners qui ont survécu à la crise, ne peuvent concevoir qu’on remette en question les règles du jeu qui font d’eux des privilégiés et ils s’opposent, en bons libéraux, à toute régulation financière. Quand aux loosers, de plus en plus nombreux, leur échec disqualifie leurs remises en cause du système. La cupidité (le greed anglo-saxon), est devenue la vertu universelle de la finance. La finance aujourd’hui, tout comme le capitalisme hier, trouve son armature dans la morale protestante qui transcende les différences culturelles aux Etats-Unis.

La Chine a moins souffert de la crise que l’Occident et s’en est plus rapidement remise. Pourquoi ? La doctrine confucéenne et son concept central de pérennité freinent la spéculation sur toutes les valeurs boursières non liées à des biens durables. C’est ce qui a limité l’impact des obligations pourries sur son système financier, puissamment régulé par l’Etat. D’autre part, la philosophie dialectique du taoïsme permet d’utiliser successivement des mesures contradictoires, libérales et dirigistes, pour faire face aux phases d’ouverture ou de contraction des marchés. Cette conjonction du confucianisme (sens de la pérennité) et du taoïsme (alternance de mesures capitalistes et communistes) explique la réussite du dirigisme asiatique. Le développement économique chinois est assuré par les valeurs confucéennes et taoïstes qui fondent son identité et son pragmatisme idéologique.

L’Europe résiste aux subprimes dans un premier temps, mais s’affaiblit avec le passage de la dette privée à celle des Etats. Pourquoi ? La vision chrétienne de la création du monde dans la Genèse, appliquée à la création de la bulle financière, montre que tout acte de création entraîne des effets incontrôlés. C’est pourquoi, dans la Bible, les dérives de la création vont entraîner un retour à la loi avec les Dix Commandements. Mais les divisions européennes et mondiales rendent la régulation financière impossible. D’autre part, l’interprétation du péché originel nous montre que nous sommes tous touchés par l’appât du gain et la spéculation, tant les citoyens que les Etats. La demande générale pour des rémunérations élevées de l’épargne induit la montée en puissance de la finance et l’accroissement de la dette publique. Ainsi les contradictions de la morale chrétienne et du réalisme économique accélèrent le déséquilibre de l’Etat Providence.

Le règlement de la crise serait-il facilité si les différences culturelles cachées ne faisaient plus obstacle à la compréhension entre les acteurs ? Pouvons-nous partir d’une vision multiculturelle de la crise pour augmenter les chances de la résoudre ?

Objectifs de la conférence

  • Mieux comprendre les mécanismes multiculturels de la mondialisation et de ses crises.
  • Comparer les différences culturelles qui s’inscrivent au cœur des théories et des politiques économiques.
  • Anticiper la manière dont les différences culturelles impactent le management.

Sommaire

- Introduction à la mondialisation des cultures.

- Une interprétation américaine et protestante. Ethique protestante et esprit du capitalisme. La prédestination et son impact économique. Néolibéralisme et finance intouchable.

- Une interprétation chinoise et confucéenne. Syncrétisme asiatique et mythe de la perfection originelle. Bureaucratie céleste et dirigisme asiatique. Le Tao de la puissance.

- Une interprétation européenne et catholique. Le récit de la genèse appliqué à la crise. Spéculation et dynamique du péché originel. L’Europe et la menace obligataire.

- Conclusions sur une vision multiculturelle de la crise financière.

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Pour joindre Bernard NADOULEK et commander cette conférence.


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