Récapitulons. Foi de Chouette pragmatique, le but de cet ouvrage n’est pas de construire une théorie exhaustive de la stratégie. Ceci pour au moins trois raisons.
D’abord, le savoir n’a pas de limite, c’est pourquoi il faut délimiter la réflexion si nous voulons conserver les idées claires pour résoudre les problèmes quotidiens. La stratégie est l’art de la réduction des incertitudes or, plus le savoir s’accroît, plus la réflexion devient complexe et incompatible avec le danger immédiat. Plus nous avons affaire à des problèmes complexes, plus il est important d’avoir des idées simples et évidentes pour les résoudre.
Ensuite, dans le domaine de la stratégie militaire, malgré 2 500 ans de culture écrite et des centaines de livres issus de civilisations différentes, personne n’est parvenu à une théorie générale. Notre but est beaucoup plus pragmatique : donner une base de départ à chacun pour faire face aux conflits professionnels, qui offrent un cadre unifié par les lois du marché. Ces conflits professionnels rejoignent la dynamique plus large des conflits quotidiens dans les trois objectifs qu’on peut assigner à une philosophie du combat : renforcer son autonomie, acquérir une capacité offensive et défensive, être capable de faire face à des conflits majeurs.
Reprenons les principes que nous avons déduits des chapitres précédents. Nous en avons d’abord déduit trois, qui sont universels : penser à l’envers ; penser avec la tête de l’autre ; et, lorsqu’un problème est sans solution, c’est qu’il n’y a pas de problème (plutôt que d’essayer vainement de le résoudre, il faut le traiter). Le quatrième principe est plus relatif puisqu’il consiste à prendre en compte les cultures locales.
Il nous faut d’abord compléter ces quatre premiers principes avec un cinquième que nous avons abordé à plusieurs reprises, notamment à travers la théorie des jeux : la supériorité des stratégies coopératives sur les stratégies conflictuelles.
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